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 Matt | N'oublie jamais un visage

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MessageSujet: Matt | N'oublie jamais un visage   Lun 6 Aoû - 17:16


Les jours se suivaient et se ressemblaient à Slab City. Une routine qui s’installe et qui ne bouge plus vraiment, à moins qu’on vous secoue du lit un matin pour aller faire un tour du monde. Quand on avait pas d’éducation, on acceptait un peu tout ce qui passait pour récolter quelques billets et acheter une boîte de conserve en plus. Parfois le travail était difficile, il ne correspondait pas vraiment, mais c’était mieux que de voir le porte-feuille se vider au rythme des courses et des factures à payer. Elle descendit du pick-up de James, quittant le confort d’une climatisation bancale pour le souffle chaud du désert. Ses vêtements avaient beau être faits d’une matière légère, ils recouvraient son corps, ne formaient qu’une couche supplémentaire entre la peau de la jeune femme et l’air et ne laissaient apparaître que ses mains et son cou. Elle était armée d’une casquette des Giants de San Francisco qu’un local fan de baseball lui avait gracieusement offert lors de son passage dans la ville sur la baie dont le trou arrière soutenait une queue de cheval blonde qui libérait un peu sa nuque, seul morceau de peau qu’elle acceptait volontiers de montrer à tous sans craindre de représailles de son dieu.

James, c’était un sexagénaire maigre comme un clou qui occupait une sorte de ferme par-delà le campement. Il y élevait quelques animaux qui souffraient de la sécheresse et de la chaleur 70 % de l’année pour souffler l’hiver arrivé. Dalya avait accepté de l’aider à s’en occuper une fois par semaine en échange de quelques produits de son potager, les quelques rares légumes qu’il parvenait à faire pousser avec peine. Aujourd’hui, il fallait aller à la ville pour récupérer du matériel manquant. Il était passé la chercher directement chez elle, la maison d’auntie Julia était sur son chemin, de toute façon.

Les courses s’annonçaient rapides et efficaces. James savait précisément ce qu’il lui fallait et avait fait une liste pour qu’ils puissent se répartir les tâches. Un sac entre les mains, elle tentait de déchiffrer l’écriture tremblante d’un vieil homme qui avait déjà bien vécu, lorsqu’elle vit sa silhouette au loin. Au début celle d’un homme banal qui se baladait dans les rues de la ville. Et puis, doucement, les traits s’affinèrent et ses souvenirs ressurgirent. Elle oubliait rarement un visage, encore plus lorsque la morphologie était différente de ce qu’elle avait toujours vu. Plus elle s’approchait, plus elle hésitait. Était-ce une bonne idée ? Était-ce seulement lui ? « Matt ? » Qu’elle lâcha finalement, trop curieuse de savoir si elle était toujours dans la réalité ou si la chaleur lui jouait des tours. Après tout, les premiers jours sur le sol américain, elle avait trouvé que la plupart des habitants se ressemblait.


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Jeu 9 Aoû - 23:13

Y’a le feu au dessus de nos têtes dès que la nuit tombe. Mon treillis me colle et ce n’est pas que la transpiration qui fait adhérer le tissus à ma peau brûlante, c’est aussi le sang qui a séché, celui qui provient des plaies qui se sont rouvertes sur mon dos et mon torse, peut-être aussi celui de mes ennemis, je n’y fais plus bien attention. J’ai eu droit à être dans le tank aujourd’hui et c’est d’ailleurs étrange que ce pauvre type de Billy m’y ait laissé aller. Soit. On rentre au campement, notre opération presque terminée puisqu’on a eu la tête d’un terroriste appartenant à Daesh, tous chantants, tous sourires. J’ai toujours aimé la violence, la guerre et le sang, mais ce qui m’a convaincu d’entrer dans l’armée, c’est le patriotisme qu’on y retrouve et tous ces gens ayants le drapeau américain gravé sur le coeur.

Le lendemain, à Damas, nos rangers frappent le sol avec force tandis que je tiens le pistolet mitrailleur fermement contre mon torse. Les rues -si on peut encore appeler ça comme ça- sont désertées mais quelques anciens rassemblent encore ce qui reste de leur maison pour tenter de faire revivre leurs murs. Il y a aussi quelques enfants, ébahis par la troupe que nous sommes, d’autres effrayés qui s’enfuient dès qu’ils nous voient. Aujourd’hui le calme règne sans laisser place au doute que dans la seconde qui suit, il peut bien avoir une bombe qui nous éclatera sur la gueule. Puis il y a cette femme que je repère, pas seulement parce que je repère toujours les femmes à plusieurs mètres mais aussi parce que c’est bien la seule à être là, son voile détonnant dans le décor fait de poussières et de cailloux pâles.

Et on l’a revue, elle et ses yeux bleus, elle et sa beauté qu’elle ignore, pour notre plaisir et pour sa cause. Aujourd’hui, à Slab city, je me suis remémoré son visage mais jamais son prénom ne m’est revenu et je m’en veux d’avoir si vite oublié un personnage aussi emblématique de cette dernière mission que j’ai effectuée.

Six. Six putains de clous me manquent pour finir les contours de cette dalle que j’étais censé poser aujourd’hui. Alors voilà que je me retrouve encore dans ce putain de magasin en ville à chercher des fournitures. C’est pas comme si j’y venais tous les jours et c’est pas comme si ça ne me faisait pas perdre de temps ! Je ressors cinq minutes après, une petite boîte de clous à la main, déchiffrant les écritures démesurément trop petites à l’arrière alors que mes pas me mènent à mon vieux Range Rover dont je ne trouve jamais les clefs. Alors que je fouille mes poches, j’entends soudainement mon prénom et je crois que c’était bel et bien la voix d’une femme ! Je relève donc la tête rapidement et tombe nez à nez avec une grande blonde aux yeux bleus. Une exe certainement… Je fronce les yeux et respire profondément avant de dire: “Ah salut ! Tu vas bien ?” J’espère que ce n’est pas une de ces filles à qui j’ai promis mon amour éternel, ou bien un autre truc du genre, peut-être que c’est celle que j’ai laissé en plan l’autre nuit… Puis je réfléchis tout en buguant complètement sur son visage. “Attends. On se connait ?” Je suis peut-être pas très physionomiste mais je me rappelle quand même des visages des filles avec lesquelles j’ai couché et elle, ben, je m’en rappelle pas !


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Ven 10 Aoû - 15:14


Il était là, devant elle. Avec sa grande carrure et ses cheveux bruns. Il ne portait pas son uniforme, mais elle l’avait reconnu. Malgré les traits qui n’étaient plus tirés par la fatigue, la peau tannée par le soleil de plomb et par les missions qui s’enchaînaient. Elle se rappelait de lui. Et tous les souvenirs lui revinrent en mémoire. Cela faisait trois ans mais c’était comme si c’était hier. La peur au ventre. Le froid dans son corps malgré la chaleur sèche du désert syrien. Elle tâchait de ne pas regarder autour d’elle pour ne pas être suspicieuse, mais elle n’était clairement pas à l’aise. Caché dans sa manche, elle serra son hijab qu’elle ne portait pas mais qu’elle nouerait autour de sa chevelure blonde lorsqu’elle serait au point de rendez-vous. Elle serrait de son autre main son sac en bandoulière. C’était facile, qu’on lui avait dit de nombreuses fois. Elle attirerait l’attention, mais bien moins que si elle portait son voile. Elle passerait juste pour une étrangère. On s’en fiche des étrangères. Pourtant, pas un jour ne passait sans que cette fichue frousse ne lui retourne l’estomac, sans qu’elle prie Allah pour lui laisser un jour supplémentaire sur Terre. Elle s’en sortait, miraculeusement, à chaque fois. D’autres n’avaient pas eu cette chance, elle le savait. Elle les entendait parler. Walid n’était pas revenu hier soir, à l’heure de retour. Il fallait changer les plans. Aucun intérêt de partir à sa recherche, c’est trop tard pour lui. Un autre le remplacera demain. Mais personne n’avait jamais remplacé Dalya. C’était elle que ce groupe d’Américains voyait régulièrement, transmettre des enveloppes déchirées et pleines de sable mais vitales à la survivre dans ce milieu hostile. Jusqu’à ce qu’ils partent, tout simplement, sans vraiment le faire savoir. Ils étaient partis comme ils étaient venus. Dans l’ombre. Et sa vie avait repris son cours, avec d’autres sacs à serrer contre elle et d’autres papiers à remettre.

Il lui répond. Simplement. Automatiquement même. Comme s’il voulait faire croire qu’il la connaissait, mais qu’il n’avait aucune foutue idée de qui elle était. Il voulait bien passer pour ne pas paraître goujat. Mais la blondinette voyait bien dans son regard qu’il tentait de la remettre. Une rencontre d’un soir ? L’amie d’une amie ? Un plan Tinder ? Rien de tout cela. Peut-être l’avait-il simplement oublié, rayer de sa vie pour avancer. « C’est Dalya. », précisa-t-elle tout de même avec l’espoir que ça lui rappelle vraiment qui elle était. Elle était consciente que les années avaient passé, les jours et les nuits aussi. C’était une époque de guerre, pas le genre de souvenirs dont on voulait se rappeler. Mais ça lui faisait du bien, à elle, de retrouver un visage connu, après tout ce qu’elle avait vécu. « De… Damas… » Qu’elle ajouta, pas très fort parce qu’elle ne voulait pas qu’on l’entende. Elle ne disait pas à grand monde d’où elle venait. Personne ne le lui demandait vraiment. Mais elle avait déjà vu dans le regard de certains qui savaient la peur d’avoir en face d’eux une terroriste qui allait fait exploser la ville à tout instant.


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Dim 12 Aoû - 11:00

On est tous en deuil. Jacob, un de nos amis et frère de combat vient de perdre une de ses jambes et une partie de sa main aussi. Il était entre la vie et la mort quand un hélicoptère l’a emporté pour l’emmener dans l’hôpital le plus proche. C’est toujours déroutant de voir qu’à une seconde près tout peut basculer, que de la vie, on peut très bien se tourner vers la mort pour une erreur, ou par manque de chance, tout simplement. Alors le campement est drôlement calme, on est tous plus ou moins allongés sur nos lit d’appoint dont la couverture gratte toujours autant mais c’est si futile que je l’ai déjà oublié. Jacob c’était le gars qui occupait la place à côté de moi et qui adorait me montrer les photos de ses gosses que sa meuf lui envoyait toutes les semaines. Il s’en voulait toujours de ne pas pouvoir assister à leurs exploits. Premier mot, première marche et tout ce tintouin que j’ai jamais connu non plus avec Jade. Et pour la première fois de ma vie, ce soir-là, je me suis mis à prier pour Jacob et pour tous ceux qui sont passés avant lui et dont je ne connaissais rien.

Dans la nuit, j’ai entendu des ronflements, de ceux qui ont été autorisés à se reposer puisqu’à l’armée on vous explique quand vous pouvez dormir, manger ou pisser. Notre cerveau est réduit au combat, nos actions aussi. Moi, je suis assigné à surveiller les alentours avec deux autres confrères et dans la pénombre, il nous est difficile de voir quoi que ce soit, alors, notre sens de l’ouïe est mis à mal pour pouvoir surveiller notre base. Soudain, j’entends la voix d’un homme résonner à quelques mètres, une voix dont l’intonation me fait penser qu’il est nécessaire que je m’aventure par là-bas pour m’assurer que tout va bien. Avec ma lampe torche, j’illumine ce qui me semble être le lieu du délit quand je tombe sur un type, lame à la main, une fille dans l’autre et il me semble clair qu’il est en train d’essayer de l’égorger, rien que ça. “Hey !” Je hurle, tout en courant vers eux, m'apercevant que le mec ne bouge pas, semble simplement plus enragé qu’il y a deux secondes. Il me parle -crie- en arabe et je ne comprends rien à ce qu’il me dit mais il me semble qu’il est en train de m’insulter. “Lâche la !” Je repousse mon pistolet mitrailleur sur mon dos et attrape le bras du type pour lui arracher la lame de la main. Mes gants me protègent et même s’il est résistant, il me suffit de lui tordre l’avant-bras pour qu’il lâche enfin prise. Je m’interpose entre la fille et lui avant qu’il ne se décide à recommencer ses menaces puis je finis par pointer mon arme sur lui, ce qui le fait partir. Je me tourne vers la demoiselle en me rendant compte immédiatement que nous nous sommes déjà vus, juste aperçus, comme ça, de loin. “Ca va ?” Je vois dans son regard qu’elle ne comprend pas un strict mot d’anglais. Alors, je m’assure simplement qu’elle n’ait aucune blessure avant de lever mon pouce en l’air comme pour lui signifier que tout est ok. Je regrette un peu de ne pas savoir parler arabe parfois, ça serait tellement plus simple. Le pro là-dedans c’est Momo ou Mohamed, et j’adore combattre avec lui parce qu’il me traduit tous les noms d’oiseau qu’on nous donne, ce qui est parfois assez marrant. “Moi, Matt. Toi ?” J’accompagne mes mots par des gestes, en me désignant avec le doigt en premier puis la désignant en second.

C’est Dalya.” Woaw. Qu’on arrête tout, que le monde se mette sur pause. On est vraiment en train de me faire vivre ça ? Que cette ado que j’ai rencontré à Damas est ici aujourd’hui, à Slab City ? Je suis complètement sous le choc, mes lèvres n’arrivent pas à se recoller ensemble et mon cerveau est en ébullition. C’est complètement dingue. “Dalya ! Putain de merde… Merde !” Je la regarde plusieurs fois en ne sachant quoi dire tellement la surprise est grande. “Qu’est ce que tu fais là !?” Je m’exclame, en ayant vu qu’elle avait appris à parler anglais ! Je. suis. sur. le. CUL.


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Ven 17 Aoû - 22:08


Elle ne savait pas trop s’il jurait parce qu’il était content, parce qu’il était surpris ou parce qu’il était en colère. C’était encore un domaine dans lequel elle devait faire des progrès, les insultes. Elle qui tâchait de ne pas trop en dire, ou qui les préférait en arabe parce qu’elle sortait plus naturellement. Mais à en croire la tête de ce brave Matt, on était plutôt partis sur de la surprise. Il fallait dire que les circonstances de leur rencontre n’avaient pas – du tout – été idéales et que celles des fois suivantes où ils s’étaient vus n’étaient pas vraiment mieux. Ajoutez à cela le fait que chaque jour de plus relevait du miracle en Syrie et vous avez la recette de la surprise parfaite lorsque vous les retrouvez, trois ans plus tard, dans la même ville perdue au milieu du désert californien.  

Il avait l’air choqué, et la première question qu’il lui posa, c’était de savoir ce qu’elle fichait ici. Elle aussi se le demandait parfois. « Histoire longue… » Très longue. Et compliquée. Elle ne devrait pas être là, pour commencer. Enfin si, elle avait cherché à quitter son pays, mais son futur aurait dû être différent. Si le camion n’avait pas eu son accident et si elle n’avait pas rencontré un habitant des lieux, elle ne serait jamais venue à Slab City, cette ville à propos de laquelle même Internet en arabe ne trouvait pas énormément d’informations. Elle était arrivée par hasard, mais le hasard faisait bien les choses, il réunissait parfois des gens qui ne s’étaient pas vus depuis des années. « Je suis heureuse tu es en vie ! », s’exclama-t-elle. Prise dans son élan de joie, elle se permit même de passer ses bras autour de lui pour le serrer contre elle. C’était, d’une certaine façon, un moyen aussi de s’assurer qu’il était bien toujours en vie. Et puis, elle avait vu ça dans les séries et dans les films qu’elle avait vus à la télé. Des gens heureux de se retrouver qui s’enlaçaient. C’était un geste peu naturel pour la jeune femme, mais, après sept mois plongée dans cette culture, elle commençait peu à peu à s’habituer à ce genre de contact. Elle recula rapidement avec un immense sur le visage. Elle s’habituait, mais il ne fallait pas trop exagérer quand même, elle avait encore pas mal de ses principes bien ancrés dans sa peau et dans son comportement. « Tu partis de l’armée ? », demanda-t-elle, curieuse. Il n’était pas en uniforme et elle pensait que les soldats devaient le garder en toute circonstance. C’était ce qu’elle avait toujours vu dans les rues de son pays, ou aux points de rendez-vous où elle retrouvait l’armée américaine. C’était pour ça qu’il était parti de Syrie ?


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Sam 25 Aoû - 9:22

Je me souviens de cette petit blonde comme si nous nous étions rencontrés hier et j’ai encore du mal à croire qu’elle se tienne là, devant moi, présentement. Le sentiment que j’éprouve est incompréhensible, c’est un mélange de joie, de surprise et d’excitation, la situation me paraît tellement folle, tellement surréaliste et pourtant, je suis bel et bien en train de la vivre, mon coeur bat à foison comme si je retrouvais quelqu’un de très cher à mes yeux. J’esquisse un sourire quand elle me dit que c’est une histoire longue et je veux bien la croire, c’est la même chose pour moi, on aura le temps d’en discuter plus tard, autour d’une tasse de thé pour elle, une bière pour moi. Cette fille est adorable, on ne se connaît qu’à peine mais c’est un peu comme si je la prenais pour ma fille, d’ailleurs, elle ne doit pas être beaucoup plus âgée que Jade. “Ouais… J’suis en vie et toi aussi à ce que je vois.” Je souris, heureux, déplaçant mes bras autour de sa taille très fine pour l’enlacer chaleureusement. Dalya est un agréable souvenir quand c’était presque la fin du monde à l’armée, une fleur au milieu d’un champ de bataille et je suis tellement heureux de la voir que les émotions me donnent un grand coup de chaud. On finit par se délasser naturellement et je la regarde dans les yeux avec toujours cette même impression que je suis en train de vivre un rêve éveillé. “Oui, je suis parti de l’armée y’a trois/quatre ans, pas longtemps après la Syrie. J’en avais marre, j’avais besoin de changement.” Après des années de bons et loyaux service, je pouvais bien m’octroyer ce droit, puis ma vie actuelle me convient beaucoup mieux, il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de femmes en mission ! “Mais attends ! Je vois que t’as appris l’anglais ! C’est cool.” Je lui souris grandement avant de passer ma main sur le sommet de son crâne pour ébouriffer ses cheveux qui virevoltent sous mes doigts. “Tu fais quoi là, t’es occupée ? On devrait aller prendre un verre ensemble, ou manger, t’as mangé ? Mais attends, t’habites où exactement ?” Trop de questions à la fois mais comme dit, je suis tellement excité de la voir qu’il m’est difficile de retenir ma joie.


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MessageSujet: Re: Matt | N'oublie jamais un visage   Sam 15 Sep - 2:05


La guerre ne laissait que rarement place à l’espoir. C’était compliqué de rencontrer quelqu’un sur un champ de bataille en se disant que peut-être un jour, on se retrouvera autour d’un verre à parler du bon temps et à prendre des nouvelles. Quand on est militaire et qu’on rencontre une civile du pays dans lequel on effectue une mission, ce n’est même pas la peine d’espérer qu’ils se reverront un jour. Soit le militaire se fera tuer au combat, soit la civile en dommage collatéral, soit les deux retourneront d’où ils viennent et jamais ils ne pourront se retrouver. La guerre fait migrer les populations, elle les fait fuir de leurs maisons pour en trouver d’autres. Elle les chasse de leurs territoires pour qu’ils s’imposent chez d’autres. Mais les autres ne sont jamais très enclin à accueillir ceux qui ont tout perdu.

Dalya n’aurait jamais pensé retrouver Matt, pas plus qu’elle ne pense retrouver sa famille un jour. Et pourtant, l’espoir reprenait quand elle avait ce grand brun en face d’elle. Celui qui avait tenté de communiquer avec elle quand bien même ce n’était pas bien vu et que c’était dangereux. Un de ses premiers véritables interlocuteurs en anglais, à l’époque, celle qui avait appris quelques mots sur le tas pour « faire genre ». Il avait l’air tout aussi heureux qu’elle de la retrouver. En vie, en plus de cela. « Oui, en vie ! » Elle n’était pourtant pas passée loin de la mort. Plusieurs fois. Dont celles pour arriver jusqu’ici. Elle retira sa casquette pour essuyer la sueur qui s’accrochait sur son front mais gardait son immense sourire.

Il avait effectivement quitté l’armée. Dalya tentait de suivre son anglais, mais il lui fallait un petit temps d’adaptation. Alors elle fronçait les sourcils et se concentrait pour bien capter tous les mots. Elle pensait avoir compris l’essentiel. « Oh je vois. C’est bien le changement de la guerre… » Elle-même se sentait vraiment libre depuis sept mois. Une sensation qu’elle n’avait plus ressentie depuis des années. Bien sûr, elle avait au fond du ventre cette éternelle peur de se faire expulser du pays pour retourner dans la guerre, mais plus les jours passaient, plus elle se rendait compte de la chance qu’avaient les Américains de pouvoir se lever et se dire « Tout ira bien aujourd’hui ».

Il avait remarqué qu’elle parlait anglais. En même temps, entre la qualité de son niveau de l’époque et le niveau dont elle pouvait se targuer aujourd’hui, il y avait un monde. « J’essaie. Je parle un peu mais c’est moche encore. Pleins de mots je sais pas. » Elle préférait ne pas trop s’encenser et le prévenir qu’elle pourrait ne pas le comprendre parfois. De toute façon, il suffisait de l’écouter pour comprendre que ce n’était pas encor parfait. Mais elle progressait chaque jour un peu plus. Elle avait beaucoup évolué depuis qu’elle était arrivée.

Il passa sa main dans sa crinière blonde et elle le laissa faire, non sans enfoncer son cou dans ses épaules. Les contacts humains étaient encore un peu durs pour elle, mais elle s’y faisait. Et puis elle le connaissait, ou du moins, elle l’avait connu. Il lui demanda ce qu’elle faisait et si elle était libre pour continuer la discussion. La blondinette hésita un instant, tiraillée entre son devoir d’aider James et son envie de continuer à parler avec Matt. « Hm j’aide quelqu’un avec sa ferme. Mais je peux sûrement devenir libre si je demande. Je vais l’aider demain ou demain encore. » Elle sortit son téléphone de sa poche et tapa un message à James. Peut-être qu’elle devrait l’appeler. Elle n’était pas encore très à l’aise avec les appels téléphoniques. Elle ne comprenait jamais très bien ce que les gens voulaient lui dire. Qu’à l’écrit, c’était quand même plus simple. « J’ai pas mangé encore. Et j’habite centre-ville par là-bas. » Elle pointa du doigt la direction de la maison d’Auntie Julia. Elle ne précisa pas qu’elle ne vivait pas seule, par réflexe. Peut-être qu’un meilleur réflexe aurait été de justement le dire. Tant pis. Son téléphone vibra rapidement pour lui indiquer l’arrivée d’un nouveau message. Un sourire encore plus grand s’élargit sur les joues rebondies de la blonde. « C’est bon, James dit ok ! Il doit prendre mes sacs et c’est bon. » Elle désigna les sacs qu’elle avait posé par terre. Après tout, c’étaient pour James, pas pour elle. Il en aurait une bien meilleure utilité.

PS : VRAIMENT DESOLEE POUR LE RETARD :(


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