Aller en haut

Aller en bas

AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila

Aller en bas 
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 15:35


Je laisse claquer la porte du Boyuyu derrière moi. Il est tard et j’ai fini mon service pour ce soir. Les derniers clients profitent de la fin de soirée avec Gina et je m’apprête à regagner le bus bleu. J’ignore si Legence est là. Je suppose qu’il doit pas être loin. S’il n’a pas eu besoin de moi pour assurer ses arriérés, c’est que rien de trop gros ne se joue ce soir.
Derrière, la musique continue à parvenir jusqu’à mes oreilles, devant tout est trop calme. Je sors un cigarillo de mon paquet et l’allume en le glissant entre mes lèvres. Le tabac parfumé se fraie un chemin jusqu’à mes poumons et je soupire de soulagement, en remarquant l’installation du cirque qui s’est installé en ville.

Curieux, et animé par cette soif de découverte qui ne m’a jamais quitté, je me faufile discrètement sur leur installation.
Meme ici, tout est calme. C’est relâche ce soir, et ils en ont probablement profité pour se faire plaisir et découvrir la région et ses alentours. Une légère musique retentit dans l’air, un truc tout doux, et je relève la tête surpris.

Mon regard se lève et je tombe sur une fille, aux cheveux bicolores, en train de s’élancer avec élégance sur un fil, dont j’aurais vite fait de tomber. Le cigarillo aux lèvres, je la regarde, fasciné par chacun de ses mouvements. Elle est d’une grâce incroyable et c’est comme si rien ne pouvait la déranger dans sa concentration.
Fasciné, je ne regarde pas ou je marche et me cogne brutalement contre la branche d’un arbre mort. « Aïe PUTAIN! » Les yeux de la jeune femme se plantent sur moi.
Oups. Gaulé.


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 17:30

Ses faux-cils baissés sur ses grands yeux cuivrés, de la poudre rose et dorée pailletant ses paupières, les bras légèrement décollés de ses flancs, la funambule prend une grande inspiration avant de bloquer son souffle. C'est toujours les yeux clos qu'elle commence à s'entraîner, pour faire abstraction de son environnement, rassembler ses esprits et accroître sa concentration. Le fil est, de toute façon, toujours tendu parfaitement droit, et la vue est un sens plus handicapant qu'on ne le croit dans ce genre d'exercices. Elle préfère se fier à son instinct, à cette vibration dans ses nerfs qui lui permet de garder l'équilibre, toujours.

C'est dans l'expiration de son souffle qu'elle pose un pied devant l'autre, avançant sur le fil sans trembler, sans vaciller, sans hésiter. La discipline est trop ancrée dans son quotidien pour que la peur l'habite encore, d'autant qu'il ne s'agit ici que d'un échauffement. Le soir, lorsque les lumières se tamisent sous le chapiteau du cirque, c'est souvent sur un monocycle qu'elle joue les équilibristes. Le fil a beau ne pas être tendu très haut, elle chancelle pourtant lorsqu'une exclamation la surprend alors qu'elle pensait être seule, s'étant habituée au silence. Accoutumée au bruit, heureusement, elle se redresse de justesse pour reprendre son équilibre et descendre au sol plus élégamment qu'en se rétamant sur les fesses. Elle a rouvert les yeux, et son regard se pose sur la montagne qui s'est approchée d'elle. Vous vous êtes fait mal ?



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 20:12

Je me mord les lèvres, parce qu'en plus de m'être fait mal, je l'ai probablement dérangé vu qu'elle manque de perdre l'équilibre, et que je vais probablement me faire foutre dehors parce que on est pas un soir de spectacle, et que je n'ai pas payé pour regarder ce que je viens de voir. J'avais qu'à faire gaffe je suppose. Je tire une nouvelle latte de tabac en la regardant quitter son fil avec une élégance qui semble tout à fait naturelle chez elle, alors qu'elle est probablement le fruit de nombreuses années de travail. Tu marches pas sur un fil, les yeux fermés, avec cette aisance là, en te levant un matin. Ou alors, c'est vraiment super fort là.

Elle rouvre les yeux, me dévoilant un regard presque enfantin et j'ai un sourire alors qu'elle s'inquiète de mon état. Je réponds, sans me défaire de mon sourire: - J'ai vu pire, vous inquiètez pas. C'est drôlement beau c'que vous faites, j'suis désolé d'avoir dérangé. C'est le genre de situation, où, dans une vie antèrieure, j'aurais sorti ma plaque de flic pour ne pas être foutu dehors, mais cette vie là est terminée.
Je toussotte doucement, en regardant brièvement autour de nous et décide de tenter le tout pour le tout: - Je suppose que je suis pas sensé être là, mais vous étiez drolement belle là dessus. Fin vous l'etes aussi à terre hein, c'que j'veux dire c'est... Vous voulez que j'm'en aille? Peu de choses m'intimide, mais là, y'avait quelque chose de magique dans son échauffement. Et ça, ça suffit.


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 20:39

Le sourire qui fleurit sur ses lèvres est suffisant pour la rasséréner. Et c'est plutôt joli à voir, un sourire sur une montagne. Joli et surprenant, inhabituel aussi. Il a une carrure, un visage qui font que l'on s'attend à tout moment à le voir montrer les crocs, serrer les poings. Et pourtant, quand ses yeux se plissent, que ses lèvres s'étirent, creusant ses joues, une facette bien plus chaleureuse apparaît. Mais peut-être qu'elle rêve tout ça, Lila, elle n'a pas appris à se méfier des sourires qui cherchent seulement à vous amadouer. Oh, non, vous en faites pas. Elle secoue doucement la tête, des mèches de cheveux bleues et noires ondulant sur ses épaules dans le mouvement. Travailler dans un cirque, c'est se montrer en spectacle, et c'est donc s'habituer à être dérangé. Par le bruit, les gens, les cris, les imprévus aussi.

Le compliment, qui semble sincère, lui tire un sourire qui l'est tout autant et elle baisse les yeux sur sa tenue, une robe toute simple comparée à ce qu'elle porte le reste du temps, blanche, légèrement transparente, habillée de fleurs mauves. Vous trouvez ? Vous devriez me voir avec le costume, alors, je suis sûre que ça vous plairait. Elle penche la tête sur le côté, la secoue doucement dans un sourire indulgent. Non, au contraire. Elle tourne la tête, désigne le fil d'un mouvement mutin du menton. Vous voulez essayer ?



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 20:52


Je me demande comment on se retrouve dans un cirque. Je ne sais pas si c'est un truc qui se transmet de génération en génération ou si c'est un truc qu'on apprend par soi-même. Peut-être qu'il y a un peu des deux. C'est le genre de monde dans lequel il y a l'air d'avoir une grande ouverture d'esprit, encore que je me souvienne d'un cirque itinérant de passage dans le Bronx. L'ouverture d'esprit y régnait, mais les codes y étaient nombreux. Peut-être que c'est le cas pour celui-ci aussi. Je me demande aussi pour combien de temps est-ce qu'ils sont là. Ce que je viens d’apercevoir me donne bien envie de venir en voir davantage. En y étant totalement autorisé cette fois.

Un nouveau sourire étire mes lèvres alors que je tire une nouvelle bouffée de tabac. Mes yeux glissent sur les pans vaporeux de sa robe. On dirait qu'elle vient de sortir d'un conte pour enfant, ou d'un film d'une autre époque, tout en poésie, tout en douceur. - Je n'en doute pas. La représentation de ce soir est passée, je suppose? Au contraire? J'ai le droit de rester? Putain, ça c'est cool.
Je regarde ce qu'elle me désigne d'une signe de menton et j'ouvre de grands yeux alors que mon sourire se mue en une expression de surprise. Dans mon regard se mêle sans doute un truc à mi-chemin entre l'excitation à l'appréhension. Et puis, j'ai aussi, juste peur d'avoir l'air con.
La montagne de muscle sur le fil, quelque chose me dit que c'est pas l'idée du siècle, même si je suis plutôt bon en escalade. - J'suis pas sûr de savoir comment faire... Je marque une pause, baisse les yeux, avant de reprendre, en remontant brutalement les yeux vers elle: Tu m'montres? Moi c'est Rau. Je précise en éteignant mon cigarillo sous le talon de ma chaussure.


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 22:19

Vous l'avez loupée, oui, mais il y en aura une autre demain, si vous voulez venir. Si elle a pris le temps d'ôter sa tenue de scène pour enfiler quelque chose de plus confortable, elle n'a néanmoins pas encore retiré son maquillage, bien plus voyant encore que les soirs où le cirque ne tient pas de représentation. De la poudre rose habille ses joues, accentuant cet air de jouet sorti tout droit d'une maison de poupée qui est le sien. Un instant, elle s'écarte pour fouiller dans le grand sac en tissu qui repose à même le sol, et dont elle tire l'un des flyers qui n'ont pas tous été distribués. Tenez, il y a tous les détails. Elle lui tend le papier plastifié sur lequel sont notées les dates et les horaires des représentations, ainsi que la durée de présence du Desorden Circus en ville.

Un sourire engageant se peint sur ses lèvres. Moi c'est Lila. Si vous voulez j'ai autre chose pour vous entraîner, une sangle plus épaisse, ce sera plus simple. La slackline est déjà difficile à maîtriser, mais espérer pouvoir tenir sur un fil sans avoir aucune expérience d'équilibrisme relèverais de la folie. Vous m'aidez à l'attacher et je vous montre ? Du même sac, elle sort la sangle qu'elle lui tend dans un nouveau sourire, une lueur excitée au fond des yeux, comme à chaque fois qu'elle rencontre quelqu'un. Un instant, elle se mord la lèvre inférieure, visible gênée, avant d'oser demander : C'est comment, ici ? Enfin, je veux dire... Si vous vivez ici vous pouvez peut-être me raconter...?



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 26 Aoû - 22:52

Je ne suis plus du genre à faire des promesses, mais quand elle me tend son petit flyer, en accrochant mon regard, je me dis que je peux essayer de faire un effort, pour une fois. Ca fait des lustres que je n'ai rien promis à personne, et c'est comme si, pour la première fois depuis tout aussi longtemps, ce que j'allais dire allait avoir de l'importance. La jeune femme a un visage de poupée, et même si ça n'est qu'artificiel, construit par le maquillage, ou que sais-je, elle est touchante. C'est sans doute fait pour.
Ben, on va dire que pour une fois, j'accepte d'être pris pour un pigeon. - Je viendrais. J'ai vraiment envie d'en voir plus, et puis.... J'esquisse un sourire en coin, en remontant un regard moins sérieux vers elle: - J'ai un costume à voir, pas vrai? Je viendrais. Je sais pas encore comment exactement, mais je viendrais.

Elle m'évoque une sangle plus épaisse et je hoche la tête. Je ne m'attends pas à des miracles. J'ai une masse musculaire certaine, j'ai une maîtrise des plans verticaux, mais là, c'est d'autre chose qu'il faut faire preuve, et, l'équilibre sur une montagne n'est pas le même que sur une sangle. Je me saisis de la sangle en cuir, qui me rappelle certains des matériaux qu'on utilise en escalade. - Il faut la tendre le plus possible je suppose? Ou est-ce qu'il faut lui laisser une marge de souplesse? Je me renseigne, sincèrement curieux.
Je me baisse à hauteur du petit piquet auquel je dois attacher la sangle, et me tourne vers elle avec un sourire en l'entendant reprendre la parole. On a visiblement chacun nos maladresses ce soir. - Je vis ici depuis un mois et demi oui. C'est très particulier. Je marque une pause pour me concentrer sur l'attache: - Il faut comprendre qu'il y a, à la fois la vie du centre ville, qu'est très classique, et celle du campement qui est plus... roots tu vois? Chacun se débrouille comme il peut, et loin des administrations ici. Je relâche l'attache et m'approche d'elle, hésitant à proposer mon aide, sans vouloir la vexer, après tout, elle a l'habitude...


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Lun 27 Aoû - 1:32

Une étincelle plus lumineuse s'allume dans le regard de Lila, pourtant la publicité qu'elle fait n'est pas vraiment dans l'intérêt du cirque à ses yeux. Ça lui est bien égal de vendre plus de billets, pour elle la seule chose qui compte est la magie du spectacle, et le fait de la partager avec le plus de monde possible. Oui ! Vous allez voir, il est... Non, non, je ne vous en dis pas plus, ce sera une surprise. Les costumes que Maria crée pour elle, et pour les autres membres de la troupe, font partie de ce qu'elle préfère. Les tenues ont toujours ces airs de contes de fées qui la rendent folle de joie. À chaque nouveau numéro correspond une tenue différente qui raconte une histoire nouvelles, que Lila se plaît à réinventer chaque soir.

Non, c'est bien ça, il faut la tendre. Chacun d'entre eux récupère une extrémité pour pouvoir l'accrocher et tendre la sangle. Vous viviez où, avant ? Elle est à la fois déçue de ne pas avoir à faire à un habitant pure souche, et en même temps excitée à l'idée d'entendre parler d'une autre contrée encore. Elle n'a jamais rien connu d'autre que le cirque, Lila, et dans chaque ville nouvelle elle récolte des histoires pour se donner l'impression de connaître le monde, la vie, la vraie. Ses gestes sont suspendus tandis qu'elle l'écoute en plissant le nez. Hum, alors le campement fonctionne un peu comme nous... On ne peut pas vraiment dire que le cirque itinérant se plie aux lois de l'administration.

Une fois la sange solidement nouée, la funambule se redresse dans un sourire. Voilà ! Je crois que le mieux, ce serait quand même que vous essayiez... Parfois, le simple fait de monter dessus et de tenir en équilibre, sans marcher, peut être compliqué ! Sa petite main aux ongles peints de mauve se tend vers lui, un sourire fleurit sur ses lèvres. Venez, ce n'est pas haut, vous ne devriez pas vous faire mal.



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Sam 8 Sep - 22:52

Soulevant des nuages de poussières derrière elle, ma moto s’enfonce dans la nuit noire de Slab City. Je grimace en jetant un œil à ma montre. Je suis sûr que je l’ai raté.
J’ai pas été foutu de tenir ma promesse.
Encore une fois.
Je soupire, et pousse encore un peu le moteur, en vain. Legence est à la frontière ce soir, et Candace est en ville. J’avais promis à cette fille que je serais là pour son spectacle du soir, mais un combattant m’a lancé un duel au Boyuyu et j’ai pas été capable de refuser. Ici, je dois construire ma réputation, et celle de Pussycat, et je crois que ça a plutôt bien marché ce soir vu les billets que j’ai empoché. Mais j’ai raté le spectacle et ça faisait un moment que je ne m’étais pas sentis aussi mal.

Lorsque je vois le cirque, l’un des gros projecteur est en train de s’éteindre. Je coupe le moteur, démonte la moto. Je frotte rapidement le sang de mes poings sur mon débardeur blanc, passe une main dans mes cheveux et me presse. « Je cherche Lila, vous savez ou j’peux la trouver ? » Le type m’indique une caravane un peu plus loin.
J’accélère et quand j’arrive, je la vois, sur le point d’entrer dans la petite maison roulante: « Hey.. chui… chui désolé. » Je lui dois rien à cette fille pourtant.
Sauf le souvenir doux de son sourire quand je suis monté sur la sangle d’entraînement hier soir. De ces sourires qui vous bercent comme un nuage de barbapapa.


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Sam 15 Sep - 12:26

La représentation du soir s'est bien passée, et a attiré plus de monde qu'ils ne l'auraient espéré. On les a prévenus que le coin était, à cette période de l'année, moins habité qu'en hiver, et ils craignaient que le chapiteau du cirque ne soit déserté. Ils sont pour l'heure encore chanceux, les spectacles viennent tout juste de débuter et attirent encore les curieux. Mais il n'y a pas foule de touristes dans les environs et il est fort possible que la salle se vide au fil des semaines... A moins que les étudiants ne continuent à s'arrêter à Slab City avant de rejoindre la frontière mexicaine. Ils étaient nombreux ce soir à applaudir dans les gradins, enthousiasmés par les numéros répétés cent fois de la troupe, qui ne se lasse pourtant jamais des acclamations du public.

C'est avec le sourire aux lèvres et le rose aux joues que Lila regagne sa caravane, satisfaite du déroulement de la soirée, encore émerveillée des compliments reçus. Dans sa jupe volante, tutu aux différents voiles de couleurs pastels, elle cille quand une voix l'interpelle. Se tournant à demi vers la montagne, elle plisse le nez, fronce les sourcils. Désolé ? Oh, mais de quoi ? Elle a remarqué, bien-sûr, au moment d'entrer en scène, qu'il ne se trouvait pas dans le public. Mais il y a longtemps qu'elle a appris à ne plus prendre pour acquises les promesses des passants qui jurent qu'ils viendront le soir-même. Beaucoup finissent par changer d'avis.



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Moelleux comme un pitch
avatar
HORS LIGNE

Messages : 108
Points : 497
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Dim 16 Sep - 18:15

De la toute petite silhouette de l'acrobate, il émane une douceur rassurante qui est encore renforcée par la douceur des couleurs de son costume. Je comprends ce qu'elle voulait dire hier. Et si je regrette de ne pas avoir pu voir le spectacle, je ne regrette en rien d'avoir fait le déplacement, ne serait-ce que pour découvrir cette petite merveille faites de tissus et de voiles. J'esquisse un sourire à sa remarque. En réalité, je ne me suis probablement engagé à rien envers elle. Rien de concret du moins. Mais c'est toute la symbolique de cette promesse brisée qui me déçoit. -J'avais promis de venir. Pardon. Peut-être qu'elle s'en fout, mais j'ai besoin de lui dire.

Les mains dans les poches, je me mords la lèvre, cherchant un moyen de faire passer cette gêne qui se saisit de moi et qui n'a pas eu lieu d'être depuis des mois. J'attrape son regard et je lâche finalement, en écho à nos conversations d'hier soir: - Vous voulez toujours voir à quoi ça ressemble Slab City? Ma moto n'est pas bien loin, et je crois que la nuit est le meilleur moment pour comprendre ce qu'est cette petite ville hors des sentiers battus, parce que le jour, la chaleur retranche tout le monde à l'intèrieur. Pas la nuit. La nuit, Slab City s'anime. Mes dents se plantent dans ma lèvre infèrieur, alors qu'il me semble comprendre que j'espère qu'elle va dire oui. Sans doute parce que son rire est doux, et son insouciance raffraîchisante.


+hier, maman est morte+
Dis-moi ce que tu as fait, ma mère, ma mère. Tu m’as rendu moins bavard, ma mère, ma mère. T’as fait de mes élans des impasses, ma mère, ma mère. Devant l’amour je suis ignare, ma mère, ma mère.
Revenir en haut Aller en bas
STAFF - Éphémère
avatar
HORS LIGNE

Messages : 22
Points : 96
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   Mar 25 Sep - 9:06

Lila hausse les épaules, et les bretelles de sa robe glissent légèrement dans le mouvement. De ses doigts habiles, elle les repositionne sans se plaindre du fait qu'elle a encore oublié de la faire reprendre, le tissu est un peu trop long pour elle. Ne vous en faites pas, je ne pensais pas vous voir ce soir. Les gens promettent toujours de passer, parfois il leur faut un mois pour venir... Parfois ils ne viennent pas du tout. Le sourire qui se peint sur ses lèvres est légèrement triste, mais en réalité ce n'est pas une chose qui lui fait encore de la peine aujourd'hui, elle a appris à vivre avec ces aléas. Le temps lui a permis de comprendre que seuls les membres de la troupe pouvaient faire partie de son entourage. Ceux qu'elle rencontre sur les routes ne tiennent que rarement leurs engagements et ils l'oublient tous dès que le cirque quitte la ville.

Son visage s'illumine à la proposition inattendue, et c'est sans la moindre hésitation qu'elle acquiesce, tout sourire. J'aimerais beaucoup. Vous croyez... Dans un froncement de sourcils, elle baisse les yeux sur sa robe. Vous croyez que je devrais me changer ? Si elle ne pense pas à la balade en moto particulièrement, elle craint plutôt le regard des habitants si elle se promène en ville dans cette tenue. C'est qu'elle voudrait, autant que possible, passer inaperçue.



take me to neverland
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine clairsemées d'étoiles, petits trous dans la toile étanche, tristes strass sur le voile. Et moi envoûtée des ténèbres je passe des heures infinies à compter les moutons funèbres qui tapissent mes insomnies.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

HORS LIGNE

MessageSujet: Re: ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila   

Revenir en haut Aller en bas
 
ON MARCHE SUR UN FIL • Raulila
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Je marche seul
» Un lien qui ne ne marche plus...
» Player Radio ne marche plus
» Marche à l'ombre
» la "Lever Steel Guitar" -chap. 2- Ca marche!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Off The Grid :: Slab City :: Campement-
Sauter vers: